(Journal de Québec) Prix unique du livre: la députée Nathalie Roy a indiqué que la CAQ prendrait «la défense du contribuable, des familles et de la classe moyenne».

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Prix unique du livre

La CAQ est contre, le PQ et le PLQ hésitent

Alors que le PQ et les libéraux refusent de se positionner, pour l’instant, sur la nécessité de règlementer le prix du livre au Québec, la CAQ s’oppose sans détour à un prix plancher qui pourrait pénaliser la classe moyenne.

Quelques minutes avant le début des auditions sur cette question, lundi, à l’Assemblée nationale, la Coalition avenir Québec a annoncé ses couleurs lors d’une mêlée de presse avec les journalistes.

Préoccupée par la hausse prévisible des prix des best-sellers écoulés dans les grandes surfaces comme Costco et Walmart, si le Québec adopte une telle réglementation, la députée Nathalie Roy a indiqué que la CAQ prendrait «la défense du contribuable, des familles et de la classe moyenne».

«Nos librairies s’attaquent entre autres aux grandes surfaces qui leur font mal mais n’oubliez pas que les grandes surfaces représentent 11% des ventes de livres. Et pour ce 11%, il faudrait que l’État règlemente le prix ? Ça s’arrête où ?»

«On ne veut pas que les familles et les gens de la classe moyenne qui travaillent très fort aient à payer plus cher», a-t-elle ajouté en commission parlementaire. «On veut se faire convaincre du contraire mais malheureusement, il y a des études qui démontrent qu’ils vont payer plus cher.»

À l’opposé, Québec solidaire a exprimé son «préjugé favorable» à une réglementation du prix du livre lors des neuf premiers mois de sa parution.  La réglementation, qui sera à l’étude au cours des prochaines semaines, suggère un rabais maximal de 10% pour les nouveautés. «C’est l’avenir de plusieurs librairies indépendantes qui se joue en ce moment», a exprimé la députée Françoise David.

Kotto en «mode écoute»

Le ministre de la Culture Maka Kotto a évité de se mouiller, précisant qu’il serait «en mode écoute» lors de la dizaine de journées d’auditions. «Vous savez que le débat est très polarisé… Si j’étais favorable ou défavorable, il n’y aurait pas de commission. C’est la raison pour laquelle nous avons amené ce sujet en commission pour mesurer les tenants et aboutissants aux plans juridiques, socioéconomiques, etc.»

Le ministre s’inspirera ensuite des recommandations de la Commission pour «statuer» sur la question. «Ça devrait aller relativement vite», a-t-il fait savoir, laissant sous-entendre qu’une décision pourrait être prise avant la fin de l’année.

Rappelons qu’une douzaine de pays ont adopté de telles règlementations afin de protéger les petits libraires. Le ministre Kotto a reconnu que le réseau des librairies indépendantes a été «fragilisé» au cours des dernières années par l’arrivée du livre numérique et la concurrence des grandes surfaces.

Pour l’heure, les libéraux n’ont pas ouvert leur jeu. «Je suis vraiment neutre», a répondu la députée libérale Nicole Ménard. «Je veux entendre ce que les gens ont à dire et on prendra des décisions après. À ce moment-là, j’en parlerai avec mon caucus et on verra de quelle façon on agira mais pour l’instant, il faut écouter les gens».

http://www.journaldequebec.com/2013/08/19/la-caq-est-contre-le-pq-et-le-plq-hesitent

(Reportage de Jean-Luc Lavallée 19 août 2013 – © Journal de Québec)

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Auteur : Nathalie Roy

Députée de Montarville à l'Assemblée nationale du Québec